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A une époque, la
nôtre, où l'on
n'entend plus parler que de réformes, il est bon de se
replonger dans celles qui en ont subi des profondes.
Loin
de l'idée historique généralement admise de la
prévalence d'une mutation politique de notre nation dans les
décennies suivant notre grande révolution de 1789,
l'auteur décortique ici la substantielle adaptation du monde
rural (qui était plus que majoritaire à cette
époque) à un fondement nouveau de la
société : la propriété individuelle.
L'idée que m' avait laissée Zola dans son roman
"La terre", largement évoquée par ailleurs dans cet
ouvrage, était celle que confortaient les clichés
d'une éducation post -soixante huitarde et qui avait besoin
d'être quelque peu revue.
J'ai
donc eu le plaisir de trouver des explications rationnelles
à des situations réalistes, bien que l'auteur n'ait
oublié aucuns des événements qui ont
donné matière à de nombreux écrits
romanesques . S'il y a des prises de positions, ce sont toujours
celles qui confortent un état d'esprit de l'évidence
du fait accompli. Le réalisme prend le pas sur
l'idéalisme romanesque sans toutefois tomber dans la foideur
statisticienne d'un décortiquage compulsif de données
avérées. Le jugement de l'état d'esprit se
fait par le recoupement des situations des gens liées
aux événements auxquels ils se trouvent
confrontés.
Il
ressort de cette "étude" l'importance du combat quotidien,
parfois violent, pour décider, organiser, faire, ce qui nous
semble être des "petits riens" et qui avaient une
importance alors parfois vitale. Et l'on peut s'apercevoir que ce
n'est pas tant la matérialité accumulée que
les modalités d' accomplissement qui font la richesse de
cette société naissante dont nous n'apparaissons
guère actuellement que comme les adolescents
rebelles.
On
goûte un peu la terre, la vie, les prémices de ce que
nous finissons par admettre comme naturel et qui a
coûté cher en efforts et en temps. Ce temps que l'on
utilise si futilement et qui était autrement précieux
à l'époque car tout était long, pesant et
coûteux à s'accomplir.
Un
ouvrage aussi sérieusement creusé et aussi solidement
vrai qu'un hectare de betteraves.