Accueil Date de création : 31/05/07 Dernière mise à jour : 25/10/09 18:16 / 223 articles publiés

QUENA

BIS REPETITA  (QUENA) posté le samedi 23 mai 2009 17:27

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Cette deuxième édition du festival de charango à Paris  a été une réussite à la hauteur de l'honneur à porter aux organisateurs, officiels ou de l'ombre.

Un hommage sensible à l'envoûtant Milchberg.

Un hommage reconnaissant au spectaculaire Cavour.

Un hommage émouvant au sincère Coca.

Un hommage communicatif au fraternel Osorio...

De mémoire, il semblerait qu'une augmentation de cinquante pour cent de l'auditoire soit un minimum par rapport à l'année dernière.

L'insinuation de l'instrument dans la musique de variétés n'est peut-être pas étrangère à l'intérêt que semble lui porter un nombre croissant de personnes. Preuve que si la paternité géographique et culturelle de l'instrument ne fait aucun doute, ses incroyables capacités d'adaptation (fruit de sa richesse) tendent à universaliser son usage bien au-delà des frontières des populations qui lui vouent un culte affectif ...et respectueux!

 C'est une belle évolution qui tend à éliminer l'usage polémique et revendicatif que certains pourraient en faire. Car il ne faut pas oublier que ce vecteur merveilleux reste celui de l'expression et de la communication du musicien. Et que , les musiciens étant des hommes, il en est de bons partout. La preuve encore bien vivante hier.

 

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JUSTE UN PEU  (QUENA) posté le mercredi 13 mai 2009 21:11

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La quena, comme toutes les flûtes droites, a la réputation d’être particulièrement « fausse ». A tel point qu’un regretté ami musicien avait trouvé particulièrement inintéressant un enregistrement récent effectué par des interprètes honorables, pour cause de « justesse » trop prononcée. A ses yeux de professionnel de la gravure musicale, donc en possession d’une oreille bien affutée, le caractère fondamental de la couleur sonore de la musique des Andes conféré par des altérations perceptibles de la gamme habituellement pratiquée s’était effacé devant le souci de recherche d’une justesse classique. Lui demandant de s’expliquer sur son jugement assez subjectif, il me répondit alors qu’il avait ressenti comme un aboutissement dans la recherche de ces musiciens de jouer juste. Pour lui, ils avaient dépassé le stade des errements souvent audibles et qui parfois pouvaient faire grincer des dents, pour arriver à jouer à un niveau de justesse d’un prix de conservatoire dans un orchestre symphonique. La performance était louable, mais pour lui le caractère fondamentalement populaire de cette musique était alors effacé par le simple exploit de la justesse de l’interprétation. L’impression que lui avait alors laissée l’enregistrement ne présentait alors guère plus d’intérêt que l’interprétation d’un huayno à la traversière système Boehm dans un orchestre d’animation de mariage.

L’autre jour,  j’écoutais une amie jouer d’une quena que je lui avais faite et qui me semble « juste », pour une quena, si tant faire se peut. Elle considère d’ailleurs visiblement cet instrument comme tel puisqu’elle en joue avec la certitude de sa formation classique et  de son oreille absolue. Je suis resté  surpris de la différence entre ce que me semblait être la justesse de mon jeu sur cet instrument que j’avais bien testé et celle avec laquelle elle jouait les mêmes airs, abstraction faite du tempo. Ce n’est pas la première fois que je remarque une différence sensible de jeu entre deux interprètes jouant une même mélodie, différence imputable aux variations de justesse de notes. On observe par ailleurs des différences de diapason d’un joueur à l’autre de près d’un demi ton, environ quatre comas, sur une même quena, selon la manière de tenir l’instrument, l’inclinaison et la force du souffle. Les effets de modulation sont très importants sur cet instrument. La justesse(ou plutôt sa relativité) est donc un élément certainement fondamental dans la diversité d’interprétation. Un peu à la manière d’un tableau de l’école fauviste qui présenterait avec une herbe jaune, des arbres oranges et des maisons bleues un paysage immédiatement identifiable et harmonieux. La fausseté des couleurs associée à la pertinence de leur juxtaposition et à la  justesse des valeurs contribuant à un équilibre d’ensemble pourtant lisible et surtout plein de vie.  Il est donc essentiel pour interpréter cette musique, de la connaître, de l’avoir écoutée au point d’enregistrer les automatismes de modulation pour transgresser harmonieusement les règles de justesse. Ceci explique qu’avec un instrument médiocre, voire indiscutablement faux, un bon joueur arrive quand même à un niveau de restitution acceptable et reconnaissable. La justesse d’une quena, c’est important, mais cela reste indiscutablement subjectif. Et nécessairement subjectif si l’on veut conserver entier le caractère de liberté de cette musique et ne pas lui ôter la vie.

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FESTIVAL  (QUENA) posté le lundi 20 avril 2009 12:46

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Un festival de grands musiciens pour le festival d'un tout petit instrument. Il sera à mon avis difficile de retrouver réunis ces grands noms de la musique des  Andes une seconde fois. Alors je conseille de ne pas passer à coté de cette opportunité.

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KENA et KENA.  (QUENA) posté le mercredi 18 février 2009 15:17

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Pierre SECHET:

"...Il y a toujours déviation, ce qu'il faut c'est éliminer les variantes des autres, pour ne garder que la sienne propre, qui résulte de toutes les informations reçues."

Jean-Joël DUHOT:

"il reste donc un tronc commun sur lequel chacun réalise sa variante."

Pierre SECHET:

"La flûte, c'est toujours la flûte, qu'elle soit en bambou ou en or. C'est une façon d'exploiter le souffle."

Jean-Joël DUHOT:

"Les notes inegales relèvent-elles de ce tronc commun?"

Pierre SECHET:

" Les notes inégales sont très naturelles. C'est le chant. Elles résultent de la prosodie, de l'accentuation vocale. On ne les réalise pas simplement en changeant de coup de langue ou en distinguant une longue et une brève de façon plus ou moins solfégique: la différence est d'intensité, de conduite du souffle. Encore une fois, c'est la synthèse de plusieurs paramètres qui donnera le bon résultat."

"Pierre SECHET, entretien avec J.J. DUHOT"in "Flûte à bec et instruments anciens" Revue N°18 de Juin 1986 éditée par l'A.F.F.B( Association Française de Flûte à Bec).

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En photo:

Quena  en grenadille . Embouchure (appui et encoche) or 18ct. Perce cylindrique à 17,8mm. Accordée (?!...) en LaMajeur sur une base de 440Hz. Réalisée en 2002.

Quena en Bambou ( Asie). Perce naturelle approximativement cylindrique à 23,5mm. Accordée (?!...) en SolMajeur sur une base de 440Hz. Réalisée en 2007.

 

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C  (QUENA) posté le lundi 15 décembre 2008 07:56

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C'eut été au temps de la très sainte Inquisition, je me serais certainement retrouvé dans un cul de basse fosse pour avoir joué avec un bout d'une pierre philosophale noir comme l'âme d'un damné qui refuse le reniement!

 Cette matière est diabolique et surpasse la majorité des matériaux que j'ai essayés alors. Le carbone a véritablement une "âme" musicale, ce qui est rare dans notre monde moderne où l'on se prend un peu pour Dieu en inventant chaque jour de nouvelles molécules plus insipides les unes que les autres.

 Il m'avait été donné d'entendre un violoncelle en carbone ainsi qu'un violon à l'occasion du grand salon de Musicora. Mais alors, mon oreille peu avertie car non pratiquante, ne m'avait laissé qu'un souvenir, certes impressionné, mais dubitatif, quant à l'intérêt que cela présentait comparativement à la noblesse des bois de résonnance.

Mais que les puristes se rassurent, comparativement à cette matière moderne qu'est le carbone,le bambou a encore sa prévalence, ne serait-ce que par respect des traditions.

La limite tient évidemment à l'usinage. Cette matière ne se traite pas comme une matière traditionnelle naturelle et réclame visiblement des techniques adaptées à son époque, même si on peut toujours s'adapter avec les outils de l'atelier classique.

Mais en conclusion, il n'y a rien de classique dans ce matériau qui, en tout état de cause, ne demande qu'à prendre une place nouvelle dans une belle et déjà nombreuse famille.

 

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