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C'eut été au temps de la très sainte Inquisition, je me serais certainement retrouvé dans un cul de basse fosse pour avoir joué avec un bout d'une pierre philosophale noir comme l'âme d'un damné qui refuse le reniement!
Cette matière est diabolique et surpasse la majorité des matériaux que j'ai essayés alors. Le carbone a véritablement une "âme" musicale, ce qui est rare dans notre monde moderne où l'on se prend un peu pour Dieu en inventant chaque jour de nouvelles molécules plus insipides les unes que les autres.
Il m'avait été donné d'entendre un violoncelle en carbone ainsi qu'un violon à l'occasion du grand salon de Musicora. Mais alors, mon oreille peu avertie car non pratiquante, ne m'avait laissé qu'un souvenir, certes impressionné, mais dubitatif, quant à l'intérêt que cela présentait comparativement à la noblesse des bois de résonnance.
Mais que les puristes se rassurent, comparativement à cette matière moderne qu'est le carbone,le bambou a encore sa prévalence, ne serait-ce que par respect des traditions.
La limite tient évidemment à l'usinage. Cette matière ne se traite pas comme une matière traditionnelle naturelle et réclame visiblement des techniques adaptées à son époque, même si on peut toujours s'adapter avec les outils de l'atelier classique.
Mais en conclusion, il n'y a rien de classique dans ce matériau qui, en tout état de cause, ne demande qu'à prendre une place nouvelle dans une belle et déjà nombreuse famille.



