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"L'imagination fait le paysage. Je comprends qu'un esprit appliqué à prendre des notes, ne puisse pas s'abandonner aux prodigieuses rêveries contenues dans les spectacles que la nature présente; mais pourquoi l'imagination fuit-elle l'atelier du paysagiste? Peut-être les artistes qui cultivent ce genre, se défient-ils beaucoup trop de leur mémoire et adopte-ils une méthode de copie immédiate qui s'accomode parfaitement à la paresse de leur esprit."
Charles BAUDELAIRE. "Curiosités esthétiques" Salon de 1859.
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"Conscience; vous entendez bien,voilà ce qui manque aux paysagistes d'aujourd'hui: la nature ne leur parle pas, ce sont des machines qui peignent. Je voudrais qu'un peintre enfermé dans une chambre et sans aucun modèle pût encore me dessiner un paysage présentable, car cela me prouverait qu'il a trouvé une signification à ce qu'il a vu dans la nature."
Henri HARPIGNIES, cité par Paul GSELL, "Revue Bleue". 1892.
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"Je suis à ma fenêtre, et je vois le plus beau paysage; l'idée d'une ligne ne me vient pas àl'esprit; l'alouette chante, la rivière réfléchit mille diamants, le feuillage murmure; où vont les lignes qui produisent ces charmantes sensations?"
Eugène DELACROIX. Lettres.
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"...l'histoire des paysages et de leur formes a été, dans la plupart des cas, une espèce d'utopie, et nous avons recherché, presque inconsciemment, plus un référent que les formes réelles. Nous avons cru écrire une histoire, nous avons écrit, le plus souvent, qu'un récit mythique des origines, une fiction."
Gérard CHOUQUER." L' étude des Paysages"-Ed. Errance-2000.
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Le paysage, dans son expression , reste le plus pudique des sujets. On a tendance à lui prêter un rôle effacé,par exemple,dans la peinture ancienne ou antique. N'est-ce pas plutôt qu'il était pressenti comme le sujet le plus sensible, car le plus inaccessible , voir incompréhensible pour l'artiste tant il ne reste que l'expression d'une pensée, d'une impression furtive d'une vision obligatoirement déformée par une situation, voir une éducation.
Peindre ce que l'on voit, ou plutôt peindre ce que l'on ressent face à ce que l'on voit. Mission humble pour certains comme Corot qui n'a eu de cesse de faire preuve de modestie tenace. ce trait de caractère semble d'ailleurs être un élément fondamental de l'universalité d'un Maître.
La vision du paysage, qu'elle soit ouvertement et institutionellement une question comme c'est le cas dans notre pensée actuelle, reste une question avant tout. De la réserver comme de la clamer ne change visiblement rien au fait.
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Illustration: "Souvenir de Toscane" . Camille COROT. Eau-forte. Le cuivre de cette estampe, le premier essai de COROT à son retour d'ITALIE, avait été abandonné dans une boîte à clou en 1845. Ce n'est qu'en 1865 que BRACQUEMOND l'en retira, éxécuta alors la morsure et le tirage d'essai. Il s'agit ici de la planche remaniée pour le tirage de "La Gazettte des Beaux-Arts" de 1875.



