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Avez-vous déjà vu une chouette clouée sur une porte de grange ? Devant le regard plus interrogatif que surpris de l’enfant que j’étais alors, une large main calleuse m’éloigna du spectacle peu reluisant de la volaille sanguinolente avec une exclamation embarassée. Qu’est-ce qu’un gamin de la ville pouvait y comprendre ? Les enfants du pays virevoltant en ricanant autour de la scène avec un air entendu.
L’attribution d’une distinction prestigieuse est parfois la reconnaissance de la capacité d’un Charon peint par Subleyras.
Un esthétisme convenu accompagnant des figures inconsistantes dans une mythologie intellectuelle.
Un embarquement pour une destination très lointaine de la réalité.
Un trophée désuet pour se rassurer sur les intentions d’un passeur d’âme au changement de millénaire.
Pour conjurer la peur de devoir errer dans la sombre éternité.
Existe-t-il encore dans nos campagnes même reculées des rites ostentatoires pour conjurer un mauvais sort que l’on espère attribuable à une puissance de l’ombre ?
Notre âme « moderne » occidentale a-t-elle donc encore besoin de voir le sang pour assumer son salut ?
La réponse est apparemment oui.
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Ill. " Le haut d'un battant de porte"-Eau-forte-Felix Bracquemond-1852.